Entretien avec Jérôme Alquié – 19 juillet 2019

Posted By on July 20, 2019


Photo : © Éditions Kana

 

Jérôme Alquié est le talentueux auteur de la bande-dessinée Capitaine Albator : Mémoires de l’Arcadia. Triple 9 a pu lui poser quelques questions sur la gestation de ce projet, sa découverte du Leijiverse, mais aussi ce que nous réserve la suite de l’aventure !

 

Triple 9 : Comment te sens-tu au retour de Japan Expo ?

Jérôme Alquié : Japan Expo c’est un festival que je redoute toujours un petit peu parce qu’il y a beaucoup de monde et on risque de passer un peu inaperçu. Finalement ça n’a pas du tout été le cas, le stand préparé par Kana pour Mémoires de l’Arcadia était vraiment magnifique. Nous avons eu énormément de visiteurs, en particulier aux heures où des dédicaces étaient prévues. Mais j’ai aussi eu la chance de voir Leiji Matsumoto à trois reprises : lorsqu’il est venu sur le stand, quand je suis allé le voir, et quand on a pu manger ensemble… C’était vraiment très instructif, très positif, et ça a donné beaucoup de force et d’envie pour faire encore mieux pour la suite.

Donc pour faire un bilan rapide : un super Japan Expo, avec beaucoup de rencontres, beaucoup de choses très positives qui sont ressorties, beaucoup d’interviews qui ont été données pour défendre le projet. Et j’ai le sentiment, d’après les retours que j’ai pu lire ici et là, que le premier tome a été apprécié, ce qui est plutôt de bon augure pour la suite.

 


Photo : © Éditions Kana

 

T9 : Parlons un peu de la genèse du projet. On te connaissait déjà pour tes superbes illustrations dans un style rendant hommage aux grands character-designers des années quatre-vingt (Kazuo Komatsubara, Shingo Araki en tête). Comme est née ta vocation ?

JA : Ouh là, alors on va remonter très très loin (rires). Je pense que le point de départ a été Récré A2, et le fait qu’à l’époque on n’avait pas les moyens d’enregistrer les épisodes des aventures de nos héros préférés. Entre deux épisodes il y avait une semaine qui s’écoulait durant laquelle je ne voyais pas mon Goldorak, mon Capitaine Flam, mon Ulysse 31… Du coup j’avais envie de faire revivre les personnages qui me plaisaient en les dessinant. Mes passions pour le dessin et pour les dessins animés ont donc grandi en parallèle.

Je n’ai jamais pris de cours de dessin, je suis autodidacte : c’est justement en reproduisant les dessins animés, principalement japonais, que je voyais à la télévision que j’ai appris à dessiner. Ce sont ces character designers que tu cites qui ont été mes professeurs, d’une certaine façon. Ce n’est pas comme si je découvrais leur style aujourd’hui et que j’essayais de le reproduire : j’ai appris à placer des yeux, un nez, une bouche, par rapport à ce que je voyais à l’écran. Je devais avoir 5 ou 6 ans quand j’ai commencé à me passionner pour le dessin, passion qui a atteint son paroxysme dans les années quatre-vingt-dix avec le Club Dorothée, Saint Seiya, entre autres…

 

T9 : Et Albator dans tout ça ?

JA : Je connaissais un peu son passage à la télévision au début des années quatre-vingt, mon frère ainé regardait ça, on devait avoir quelques albums de Dargaud à la maison. Mais je n’étais pas encore “fan”. J’ai vraiment découvert Albator un peu plus tard, en 1994, dans l’émission Televisator 2. C’était Albator 84 qui passait à ce moment-là, dans lequel étaient insérés des morceaux de l’Arcadia de ma Jeunesse. Et là je suis tombé à la renverse. C’était sublime, romantique, nostalgique. C’était tout ce que j’aimais dans la partie Asgard de Saint Seiya par exemple, avec une vraie dimension dramatique, des émotions très fortes.

Je me suis intéressé à l’univers de Leiji Matsumoto à partir de ce moment-là. J’avais une vingtaine d’années, et ça me permettait non seulement de voir le premier niveau de lecture, mais aussi le deuxième degré, le côté humaniste, écologiste, qu’on ne perçoit pas forcément quand on est enfant. Ça m’a aussi permis de redécouvrir Albator 78.

 


© 1977, 2019 Leiji Matsumoto (AKITASHOTEN) / © 2019 Alquié – KANA (Dargaud – Lombard s.a.)

 

T9 : Ton amour de Saint Seiya transparaît un peu dans Mémoires de l’Arcadia. Tes personnages féminins ont un petit côté Shingo Araki…

JA : Oui, en effet, notamment le dessin des bouches avec la lèvre supérieure apparente. Mais ça, en fait, ça me vient surtout d’Ulysse 31. C’est quelque chose que j’ai intégré dans ma manière de dessiner, quel que soit l’univers. J’ai tendance aussi à faire, pour mes personnages féminins, mes mentons de profil assez pointus, comme ils apparaissent dans Saint Seiya. Cela a d’ailleurs été une des remarques de maître Matsumoto, qui m’a dit préférer des mentons plus arrondis, et j’ai corrigé cela. On en a d’ailleurs reparlé pendant que je dessinais devant lui à Japan Expo, et cela nous a fait sourire…

 

T9 : Tes illustrations inspirées d’Albator ont même été vues au Japon, puisqu’elles avaient été mises à l’honneur dans le magazine du Leiji Matsumoto Official Fan-Club il y a quelques années.

JA : En fait, c’est lié aux débuts du projet Mémoires de l’Arcadia, qui d’ailleurs à l’époque avait un tout autre titre : Journal de Bord du Capitaine Albator. Les prémices remontent à 2013-2014; Kana a présenté le projet à Leiji Matsumoto fin 2014, et a eu un accord de principe du maître qui a été tout de suite emballé. Mais ensuite les discussions avec les ayants-droits et les représentants de Matsumoto ont commencé, et ça a pris beaucoup de temps.

Moi, j’étais très excité à l’idée de pouvoir travailler officiellement sur Albator, et je n’avais pas encore réalisé le temps que pouvaient prendre l’écriture, la validation, etc. Donc je m’impatientais un petit peu. À l’époque je visitais régulièrement la page Facebook du Fan-club officiel de Leiji Matsumoto. Je leur ai envoyé quelques dessins, en tant que simple fan, et c’est ainsi que j’ai fait la connaissance de M. Hiroshi Kon, le responsable du fan-club. Il m’a alors révélé travailler sur le magazine du fan-club, et m’a proposé d’y participer, en réalisant la couverture du 2e numéro. Mais alors que je travaillais sur mon illustration, il est revenu vers moi pour m’annoncer que finalement c’est Keisuke Masunaga, l’un des character-designers attitrés de Matsumoto, qui allait réaliser toutes leurs couvertures. Mais si j’étais d’accord, il voulait quand même me consacrer un article avec une interview dans le magazine, car mon parcours l’intéressait. Les dessins inclus dans cet article étaient en fait déjà des dessins préparatoires de Mémoires de l’Arcadia !

 


Photo : © Leiji Matsumoto Official Fan Club

 

Tout ça a bien sûr été montré pour validation à Leiji Matsumoto, qui a apprécié mais surtout a reconnu le projet de Kana. Du coup il a cherché à savoir où en étaient les négociations, ce qui a certainement accéléré les choses au niveau des contrats. Cet article a donc finalement fait d’une pierre deux coups : partager ma passion, et préparer le terrain pour Mémoires de l’Arcadia.

Mais je peux te dire que j’étais tout fier quand j’ai reçu mon magazine avec la signature et le tampon de Leiji Matsumoto ! C’était la première fois que je recevais directement quelque chose signé de la main du maître. En tant que fan, j’étais aux anges.

 


Photo : © Jérôme Alquié

 

T9 : Tu n’avais jamais eu l’occasion de rencontrer Leiji Matsumoto avant Japan Expo ?

JA : Eh non ! On avait beaucoup échangé par éditeurs interposés. De mon côté au travers de l’éditeur Kana, qui est vraiment le meilleur éditeur qui existe pour porter un tel projet ! De son côté au travers de son éditeur chez Akita Shoten, M. Kobayashi. C’est un homme extraordinaire, un vrai éditeur qui n’a peur de rien, qui fonce, qui dès qu’il a un projet enthousiasmant va aller à 400 à l’heure pour que les choses avancent. M. Kobayashi a été un atout énorme pour Mémoires de l’Arcadia, il n’hésite pas à aller toquer à la porte de Leiji Matsumoto dès qu’on lui envoie de nouvelles planches et dans les 3-4 jours qui suivent on a les retours. Et ce sont non seulement les retours éditoriaux de M. Kobayashi, mais aussi et surtout les retours, j’ai envie de dire “artistico-émouvants” de Leiji Matsumoto.

Le maître en a aussi profité pour m’interroger sur la direction où je voulais emmener Mémoires de l’Arcadia, ce qui m’intéressait dans son œuvre, sur quoi j’avais envie de mettre l’accent. Les retours de Matsumoto sont toujours passionnants : parfois il va prendre un petit détail et le commenter, par exemple sur l’apparence de tel ou tel personnage, mais va aussi donner des encouragements qui vont droit au cœur : “on sent la passion qui vous anime, continuez de prendre du plaisir, ça transparaît dans vos planches.” C’est extrêmement motivant de recevoir ce genre de messages de la part du créateur, qui n’est pas juste dans son rôle de “gardien du temple” mais te pousse également à te dépasser de manière très positive. Maintenant que j’ai eu l’occasion de rencontrer Matsumoto en personne, je constate qu’il est véritablement comme ça, il a cette ouverture d’esprit.

Mais pour revenir à ta question, le projet Mémoires de l’Arcadia a commencé pour de bon en 2017, donc de 2017 à 2019 on a beaucoup discuté par l’entremise de Kana et Akita Shônen, pour faire valider tout le premier album ainsi que le deuxième que je suis actuellement en train de terminer. Mais on ne s’était encore jamais rencontrés. Les étoiles se sont donc alignées pour que Japan Expo invite Matsumoto au moment de la sortie du premier tome de Mémoires de l’Arcadia. Ça ne pouvait pas mieux tomber !

 


Photo : © Sabine Pirou

 

T9 : Les créateurs français aiment Albator : entre Mémoires de l’Arcadia, la BD de Didier et Lyse Tarquin annoncée à MAGIC au printemps, le projet de film live

JA : Oui, d’ailleurs je ne sais pas si tu te souviens, à la fin des années quatre-vingt-dix France 3 avait lancé une émission dédiée aux dessins animés culte, et ils ne l’avaient pas appelée Génération Goldorak mais bien Génération Albator ! Je le vois bien lors des séances des dédicaces : le personnage d’Albator a représenté, pour les garçons, une figure de héros un peu rebelle et un modèle assez formidable. Et pour les filles c’était le beau ténébreux : le nombre de filles qui me disent qu’elles étaient amoureuses de lui ! Et désormais ces fans de la première heure veulent le faire découvrir à leurs enfants. Albator perdure dans le temps, les bons scores du film de Shinji Aramaki en 2013 le prouvent.

Je suis heureux de voir que l’univers de Matsumoto continue d’être développé, et doublement content que la France y joue un rôle. J’aime aussi beaucoup ce qui se fait au Japon : Dimension Voyage est un superbe manga et Kouiti Shimaboshi m’a beaucoup aidé à comprendre comment travaillait Matsumoto quand je commençais Mémoires de l’Arcadia. Mais j’aime bien aussi l’idée de faire des projets français. J’essaie d’être aussi respectueux que possible de l’œuvre de Matsumoto, afin qu’il reconnaisse bien ses personnages et ses thèmes dans ma BD, mais je vais aussi y glisser des choses qui parleront à ceux qui ont grandi avec Albator en France. Je travaille en couleurs car on a connu le personnage en couleurs à la télévision, j’ai inclus des références aux BD Dargaud des années quatre-vingt… jusque dans la présence vocale de Richard Darbois pour la bande-annonce vidéo de la BD ! Des petites choses liées à l’histoire d’Albator en France, au-delà du respect pour Harlock au Japon.

Je trouve en tout cas très positif que d’autres soient dans cette même démarche artistique, de faire vivre le personnage en France. J’ai donc hâte de découvrir ce que Didier et Lyse Tarquin vont faire avec Albator. Je leur souhaite de prendre autant de plaisir avec leur projet que nous en avons à travailler sur le nôtre.

 


Jérôme entouré de M. Kobayashi (à gauche de l’image) et Kouiti Shimaboshi (à droite).
Photo : © Jérôme Alquié

 

T9 : On retrouve beaucoup d’éléments issus de la série animée Albator 78 dans Mémoires de l’Arcadia : le vaisseau bleu, la présence de Mayu / Stellie… Avez-vous du demander l’autorisation de Toei Animation ?

JA : Absolument. Quand le projet a démarré, ma première idée était de proposer un remake de l’arc des Sylvidres en version BD franco-belge. Mais entretemps Dimension Voyage est arrivé avec une proposition très similaire. Du coup nous avons proposé de raconter plutôt une histoire inédite à l’interieur de cet arc. Matsumoto nous a tout de suite donné son feu vert : “aucun problème, du moment que ça vous enthousiasme, qu’on y sent votre passion et le respect de l’œuvre.” S’est alors posée la question de savoir si on allait se baser plutôt sur le manga ou sur l’anime. Akita Shoten, étant l’éditeur du manga, nous a recommandé de plutôt se baser sur ce dernier, pour simplifier les discussions et la validation. Mais se baser sur le manga nous obligeait à mettre de côté un certain nombre de choses, des choses que je n’étais pas prêt à ne pas avoir dans l’album, à commencer par le personnage de Stellie.

Pour moi, Stellie est très emblématique de nos souvenirs d’Albator. Quand tu parles à des gens qui ont connu Albator à la télévision, ils vont mentionner le beau ténébreux avec sa tête de mort et son super vaisseau pirate, les sublimes Sylvidres qui brûlaient comme du papier… et la petite fille qui jouait de l’ocarina. Je n’avais donc pas envie de me priver de Stellie, dont l’absence aurait créé un décalage avec les souvenirs des gens. Et à titre personnel la relation entre Albator et Stellie m’avait beaucoup marqué dans Albator 78. Elle permet de faire ressortir les deux facettes du personnage d’Albator : d’un côté cette facette très dure, très noble, qui sourit rarement; et de l’autre la tendresse dont il fait preuve vis-à-vis de Stellie. Je voulais jouer là-dessus, et en faire un des piliers de Mémoires de l’Arcadia. Cette relation sera d’ailleurs beaucoup plus présente dans le tome 2.

Du coup nous avons remonté ce désir d’inclure Stellie à Akita Shoten. Autant on peut se passer de Kiruta / Vilak, mais Stellie, non ! (rires) Ils nous ont répondu de commencer par proposer une version de Stellie légèrement différente de celle de l’anime : elle paraît donc un peu plus âgée, elle a des vêtements un peu différents. Et en parallèle, ils ont pris contact avec Toei. Et au terme de ces discussions Toei a donné son accord pour que tous les éléments créés pour l’anime puissent être intégrés dans la BD sans aucun souci : nous avons quand même gardé le nouveau design de Stellie car Matsumoto l’avait beaucoup apprécié.

 


© 1977, 2019 Leiji Matsumoto (AKITASHOTEN) / © 2019 Alquié – KANA (Dargaud – Lombard s.a.)

 

Une autre raison pour laquelle je voulais plutôt me baser sur l’anime vient de la nature même du projet. Mémoires de l’Arcadia est un projet francophone et donc destiné à un public spécifique. Tu ne t’adresses pas au public japonais mais au public français, et le public français d’Albator est quand même moins hardcore que les fans de Saint Seiya par exemple. C’est soit un public très fan, comme toi, qui connait bien l’univers et qui fait la différence entre le manga et l’anime; soit c’est un lectorat disons plus “grand public”, qui a la nostalgie de cette époque et dont les souvenirs sont principalement télévisuels: ce sont des souvenirs en couleurs du dessin animé. Ils ne possèdent pas forcément l’intégrale du manga de Leiji Matsumoto (même si je ne peux que leur conseiller !) mais ils ont suivi les aventures d’Albator à la télévision. Donc il était important de se baser un peu plus sur l’anime que sur le manga vis-à-vis du public qui était visé.

Malgré tout, Mémoires de l’Arcadia fait également référence au manga : Yattaran mentionne par exemple avoir fait exploser l’enneigeur carbonique, ce qui ne se produit que dans le manga. C’est un tout petit détail, mais qui permet de se rattacher à l’œuvre originale de Leiji Matsumoto.

 

T9 : Tu parlais des deux facettes d’Albator. Les adaptations ou réinterprétations récentes, comme Endless Odyssey en 2003 ou le film de 2013, ont tendance à occulter le côté positif du personnage et ne garder que le côté ténébreux, quitte à faire d’Albator une sorte de sociopathe… Pour toi, Albator ne peut pas exister sans son côté “capitaine au cœur d’or” ?

JA : C’est en tout cas le souvenir que j’ai du personnage, basé sur la série animée. Peut-être que j’aurais une lecture différente si je devais me baser uniquement sur le manga de Leiji Matsumoto. Dans l’anime, il a ces deux facettes grâce notamment à la présence de Stellie. Et c’est ça que je trouve vraiment intéressant.

C’est peut-être aussi parce que je suis moi-même papa, mais je retrouve en lui le héros emblématique et charismatique qui protège la veuve et l’orphelin à bord de son vaisseau, et en même temps je le trouvais proche des enfants. J’avais été marqué par la manière dont son visage s’adoucit avec Stellie, il devient comme un “papa gâteau”. Ce qui n’empêche pas du tout la puissance de ses actions : dans la série animée, quand il part à la recherche de Stellie après sa capture, quand il laisse la barre à l’Arcadia… Il y a des idées scénaristiques très belles, très fortes, qui découlent de ce côté plus doux du personnage.

 


© 1977, 2019 Leiji Matsumoto (AKITASHOTEN) / © 2019 Alquié – KANA (Dargaud – Lombard s.a.)

 

J’ai récemment eu l’occasion de voir Arcadia-gô no Nazo (“le mystère de l’Arcadia”), le court-métrage de 30 minutes basé sur l’épisode 13 de la série de 1978. Dans la première partie inédite, on voit Albator récupérer Stellie pour les vacances, il l’emmène à bord de l’Arcadia, lui montre la Terre vue de l’espace… Cette première séquence résumait la facette du personnage d’Albator qui m’intéresse dans Mémoires de l’Arcadia, ce côté très doux et attentionné avec Stellie. Il observe la fillette en train d’admirer la Terre, et des larmes finissent par couler… J’ai envie d’explorer cet Albator-là.

 

T9 : Que peux-tu nous révéler au sujet du tome 2 ?

JA : L’album aura pour titre Les Ténèbres Abyssales de l’Âme. On y plongera au fin fond de la psychologie de chacun des personnages, qui seront confrontés à leurs peurs les plus intimes et à leurs cauchemars, et notamment à ce qu’ils ont pu rater dans leur vie. Albator devra se demander si toutes les actions entreprises en pensant au bien-être de Stellie sont réellement bénéfiques. Est-ce que l’avenir va lui donner raison ou au contraire aura-t-il échoué dans son rôle de “papa” ?

Ce questionnement permet d’aller un peu plus loin que la série animée, où la relation d’Albator avec Stellie était une relation de protection et d’affection, mais où la question de son avenir se posait assez peu. “Est-ce que je fais vraiment ce qu’il y a de mieux pour Stellie ?” est l’interrogation au cœur du deuxième album. C’est là-dessus que j’avais envie de travailler, et c’est pour ça que j’ai défendu l’inclusion de Stellie auprès des japonais. N’avoir que le côté ténébreux ne me satisfaisait pas, j’avais besoin de ce côté plus doux, plus affectif… au son de l’ocarina.

 

T9 : Une dernière question : Mémoires de l’Arcadia est proposé au Japon sous forme de webcomic. As-tu eu des retours des lecteurs japonais ?

JA : Hélas non ! Je n’ai pas encore de visibilité là-dessus, malheureusement. Mais ça fait partie des questions que j’ai prévu de poser à Akita Shoten d’ici quelques temps.

En attendant, je crois savoir que l’album va bientôt sortir en Espagne, et qu’une version italienne est également en discussion.

 

T9 : Merci beaucoup Jérôme !

Un grand merci également à Sylvie et Stéphanie des éditions Kana.


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