Capitaine Albator : Mémoires de l’Arcadia (Jérôme Alquié)

Posted By on July 8, 2019


 © 1977, 2019 Leiji Matsumoto (AKITASHOTEN) / © 2019 Alquié – KANA (Dargaud – Lombard s.a.)

Publication française : 2019 aux éditions KANA

Voici un projet pour le moins surprenant : une bande-dessinée à la mode européenne, par le dessinateur français Jérôme Alquié, dans l’univers imaginé par Leiji Matsumoto. On pense forcément aux productions du studio Five Stars au début des années quatre-vingt, surtout qu’elles étaient déjà, à l’époque, éditées par Dargaud. La différence majeure est que cette nouvelle œuvre a été réalisée avec l’accord et sous le regard bienveillant de Matsumoto lui-même, qui en a validé les planches et en signe même la “préface”, en quatrième de couverture.

Baptisée Mémoires de l’Arcadia et annoncée comme une trilogie d’albums, cette BD s’inscrit très fortement non pas dans la continuité du manga, mais dans celle de la série animée de 1978. On y retrouve donc un Arcadia Deathshadow bleu (et non vert comme dans les illustrations de Matsumoto), ou encore la présence de Mayu, la petite protégée d’Albator. Comme un épisode inédit redécouvert après quarante ans, cette nouvelle aventure du pirate au cœur d’or et de son intrépide équipage a le goût de la nostalgie, renforcée par une narration calquée sur celle de la version française du dessin animé (“An de grâce 2977, Diurnus 43…”). On jurerait entendre le timbre de Richard Darbois, qui a d’ailleurs donné de la voix sur la bande-annonce de l’album.

 

© 1977, 2019 Leiji Matsumoto (AKITASHOTEN) / © 2019 Alquié – KANA (Dargaud – Lombard s.a.)

 

On y suit donc Albator, en pleine lutte contre les plantureuses Sylvidres. La découverte d’un mystérieux tombeau dans les glaces de l’arctique et le réveil d’une nouvelle menace jusque-là endormie en son sein vont plonger l’Arcadia et ses pirates au cœur d’une nouvelle bataille, d’autant que les Sylvidres ne semblent pas être les seules ennemies à ourdir des plans néfastes à la survie de l’humanité (en ceci Mémoires de l’Arcadia rejoint son pendant nippon, Dimension Voyage).

Le dessin de Jérôme Alquié, très soigné, est une vibrante déclaration d’amour aux personnages de Leiji Matsumoto, mais surtout à leur interprétation par le légendaire character-designer Kazuo Komatsubara. Quelques petites touches rappellent l’apport de certains de ses héritiers, notamment le travail de Nobuteru Yûki sur la série Endless Odyssey, et les traits de certains personnages féminins évoquent irrésistiblement le dessin de Shingo Araki (qui fut, on l’oublie parfois, directeur de l’animation sur certains épisodes de la série Mugen Kidô SSX, c’est à dire Albator 84 chez nous).

 

© 1977, 2019 Leiji Matsumoto (AKITASHOTEN) / © 2019 Alquié – KANA (Dargaud – Lombard s.a.)

 

Si Mémoires de l’Arcadia a un défaut, c’est le côté parfois un peu statique et froid du dessin (sans mauvais jeu de mots vu la thématique polaire de l’intrigue). Les planches sont magnifiques, mais évoquent des cellulos privés d’animation, un peu comme si on avait entre les mains un anime comics (comme par exemple Array no Kagami). L’histoire semble quant à elle dans la droite lignée des épisodes d’Albator 78; on attend désormais de voir si Jérôme Alquié, qui signe également le scénario, nous réserve quelques surprises.

Au sujet de l’édition française : Le premier tome de Mémoires de l’Arcadia a été proposé en deux versions : simple et collector limitée à 3000 exemplaires. Outre une élégante jaquette anthracite faisant la part belle au regard ténébreux d’Albator, la version collector contient un cahier graphique de 8 pages permettant d’admirer les croquis de Jérôme Alquié. À noter qu’une fois n’est pas coutume, cette création française a fait l’objet d’une traduction en japonais et d’une publication sous forme de webcomic sur la plate-forme Mangacross !

Pour aller plus loin : Liste des articles liés à Capitaine Albator.

 

© 1977, 2019 Leiji Matsumoto (AKITASHOTEN) / © 2019 Alquié – KANA (Dargaud – Lombard s.a.)


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