La bannière de la liberté

Posted By on June 8, 2013

Le pirate qu’est le Capitaine Harlock n’a que peu de choses en commun avec ses homologues des XVIe et XVIIe siècles, dont le nom était synonyme de pillage, de violence et de débauche. La “piraterie” telle que la conçoit Matsumoto est plus proche de l’idée d’indépendance. Les premières lignes du manga nous informent que les pionniers du voyage dans l’espace ont été mis au ban de la société et considérés comme des hors-la-loi par les gouvernements de la Terre gangrenés par l’opulence et la lâcheté.

En reniant les nations de la Terre, Harlock a choisi d’assumer son statut de Hors-la-loi et même de le revendiquer, arborant avec fierté le symbole des pirates, “la bannière de la liberté”, preuve qu’il s’est détaché de toute appartenance nationaliste. Le personnage lui-même, tant d’un point de vue graphique que par son comportement ou ses paroles, ne donne aucun indice sur ses origines.

Finalement, on ne peut que déplorer que la symbolique du pirate, de l’homme qui a rejeté toutes les nations et qui n’a plus de comptes à rendre qu’à son navire et à son équipage, aie été édulcorée dans la version française du dessin animé Albator 78, qui fait d’Albator un “corsaire”. Rappelons que les corsaires étaient des capitaines indépendants au service d’une nation qui leur remettait une “lettre de marque”, un document les autorisant à rançonner les navires des nations ennemies. Cette appellation est évidemment contradictoire par rapport aux convictions du capitaine.


UCHU KAIZOKU CAPTAIN HERLOCK © 1971-1979 Leiji MATSUMOTO / Akita Publishing


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