Dokuganryû Masamune (avec Anajiro et Masaki Wachi)

Posted By on July 30, 2019


© 2019 Leiji MATSUMOTO & Anajiro

Titre : 髑眼竜政宗 〜戦国のアルカディア外伝〜 / Dokuganryû Masamune ~Sengoku no Arcadia Gaiden~

Date de parution : 2019

Sengoku no Arcadia (“l’Arcadia des provinces en guerre”) est le grand projet trans-média lancé pour les 80 ans de Leiji Matsumoto. Dokuganryû Masamune (“Masamune le dragon borgne”) en est la branche “manga”. Comme le suggère la mention Gaiden dans son titre complet, il s’agit d’un récit parallèle (on suppose à celui de l’anime actuellement en cours de production), venant éclairer certains aspects de l’histoire. Dessiné par Anajiro, le manga est scénarisé par Masaki Wachi, déjà à l’œuvre sur les deux romans Galaxy Express 999 ~ Ultimate Journey et sur la trilogie de films The Zero Century annoncée en 2017 par le studio Gainax.

Alors qu’il livre une grande bataille spatiale contre les Métanoïdes de Dark Queen, l’Arcadia du Capitaine Harlock est touché par un rayon gravitationnel qui le renvoie mystérieusement dans le passé, dans le Japon de la fin du XVIe siècle. C’est l’époque des provinces en guerre, le sengoku-jidai. Harlock assiste à la mort prématurée du (futur) grand daimyô Date Masamune, surnommé “le dragon borgne”, des mains d’un samouraï altéré par les Métanoïdes. Les ennemis de la lumière sont d’ors-et-déjà présents à cette époque, et ont déjà commencé à modifier le cours de l’Histoire; ils ont notamment trouvé un “champion” en la personne d’Oda Nobunaga, dont ils ont empêché la mort. Harlock décide alors de prendre la place de Masamune (lui empruntant même son bandeau sur l’œil) afin de restaurer le cours des événements.

Mais le pirate n’est pas au bout de ses surprises, puisqu’il ne tarde pas à croiser la route des sosies de ses chers compagnons, à commencer par un lointain ancêtre de Tochirô. C’est presque une “private joke” pour les fans de longue date du Leijiverse : pour une fois, même Harlock n’est pas épargné par la confusion liée à la Boucle du Temps et aux multiples réincarnations de ses protagonistes !

 


© 2019 Leiji MATSUMOTO & Anajiro

 

À ce sujet d’ailleurs, Dokuganryû Masamune ~Sengoku no Arcadia Gaiden~ fait comprendre au lecteur qu’il ne se situe pas dans le Leijiverse auquel il est habitué, mais bien sur un autre cycle de la fameuse boucle. Dans cette version, l’Arcadia est rouge et sa proue est crantée (peut-être une référence au “Deathshadow rouge” de Gun Frontier II ?); Tadashi Daiba, Yattaran et Kei Yûki font déjà partie de l’équipage, mais Harlock est encore jeune (les plus observateurs noteront qu’il porte encore, sous sa cape, la combinaison bleue aperçue dans l’Anneau des Nieblungen ainsi que dans Cosmowarrior Zero) et a encore ses deux yeux.

Le message semble être : ne vous demandez pas où cette histoire s’inscrit par rapport au reste des aventures d’Harlock, c’est une aventure indépendante avec ses propres règles et ses propres enjeux. Ce qui en réalité est toujours le cas dans le Leijiverse, ou aucun œuvre n’est jamais complètement la suite d’une autre, mais les auteurs semblent avoir mis un point d’honneur à rendre cet état de fait aussi explicite que possible.


© 2019 Leiji MATSUMOTO & Anajiro

 

Mais évidemment, c’est surtout le style graphique qui surprend le plus. Le mangaka Anajiro (connu en France en tant que dessinateur du thriller Man in the Window publié aux éditions Ki-oon) a un style radicalement différent de celui de Matsumoto, beaucoup plus épuré, mais aussi beaucoup plus classique. Si on reconnaît bien Harlock, d’autres personnages comme Kei Yûki sont bien moins identifiables, et Anajiro a du mal avec les personnages de nabots typiques de Leiji.

De manière générale, difficile de ne pas trouver le dessin de Dokuganryû Masamune un peu fade et sans personnalité. La mise en couleur, très plate, et les rares décors, clairement basés sur des rendus 3D, ne font que renforcer cette impression. Le style évoque un peu les animations flash qui pullulaient sur le web dans les années deux mille… sans les animations.

 


© 2019 Leiji MATSUMOTO & Anajiro

 

Il faut toutefois garder à l’esprit que Dokuganryû Masamune était publié à un rythme hebdomadaire, chaque mercredi, sur la plate-forme de webcomic Piccoma. Et il s’agit surtout d’un manga destiné à être lu sur mobile, en faisant défiler les planches à la verticale: le mangaka s’est donc tout simplement adapté à ce format, les cases étant conçues pour rester lisibles sur de petits écrans. Le lecteur n’est pas censé s’attarder sur les détails : c’est un manga prévu pour être vite consommé, entre deux stations de métro. On ne peut néanmoins s’empêcher d’imaginer ce qu’il aurait pu donner s’il avait été confié par exemple à Midori Aoi, d’autant que la talentueuse dessinatrice de Sexaroid 4 est déjà à l’œuvre sur la franchise Sengoku no Arcadia

Démarré en février 2019, Dokuganryû Masamune est désormais achevé après 31 chapitres, ayant accompli son objectif principal : poser les fondations d’un univers alternatif où Harlock se fait samouraï pour sauver le continuum espace-temps et l’histoire du Japon…

 


© 2019 Leiji MATSUMOTO & Anajiro

 


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