L’Anneau des Nibelungen

Posted By on June 9, 2013


NIBELUNG NO YUBIWA © 2002 Leiji MATSUMOTO / Shinchosha Co.

Titre original : ニーベルングの指輪 / Nibelung no Yubiwa

Prépublication : 1990 – 1992 dans Chûkosha puis 1997 – 1999 sur le site Web Shincho

Publication japonaise : 2002 aux éditions Shinchosha Co.

Publication française : 2004 – 2005 aux éditions Kana (Dargaud)

L’Anneau des Nibelungen est un projet important pour Matsumoto. En effet, cela faisait longtemps que le prolifique mangaka avait en tête l’adaptation de l’opéra de Richard Wagner Der Ring des Nibelungen à son propre univers de science-fiction. Ce célèbre opéra en un prologue (Das Rheingold / L’Or du Rhin) et trois journées (Die Walküre / La Walkyrie, Siegfried et Götterdämmerung / Le Crépuscule des Dieux) relate la malédiction causée par le vol de l’Or du Rhin par le Nibelung Alberich ainsi que le destin héroïque mais tragique de Siegfried, dont le point d’orgue sera le fameux Crépuscule des Dieux (le Ragnarök scandinave).

Épopée inspirée de récits encore plus anciens (notamment la mythologie nordique et le Chant des Nibelungen, un poème épique du Moyen-Âge), Wagner en tira la quintessence de son art, dans une œuvre colossale qui allait immortaliser son nom à jamais (qui ne connaît pas la Chevauchée des Walkyries ?) En est-il de même pour Matsumoto avec L’Anneau des Nibelungen ? Le pari n’était pas gagné d’avance…

Commencée en 1989, la saga de L’Anneau des Nibelungen suit le même découpage que son homologue musical, même si à l’heure actuelle la dernière partie (Götterdämmerung) reste inachevée. Autant le dire tout de suite : L’Anneau des Nibelungen ne fait pas l’unanimité. Rythme lent, histoire alambiquée, souvent confuse et interminable, dessin inégal… Voilà les principaux griefs reprochés à ce manga. Il faut également noter que L’Anneau des Nibelungen difficile d’accès pour qui n’est pas familier de l’univers de Matsumoto, en raison des nombreuses ellipses scénaristiques parfois très déroutantes.

Il est également important de noter que le premier acte de L’Anneau des Nibelungen, L’Or du Rhin, a été publié au début des années quatre-vingt dix, et que Matsumoto n’a commencé à travailler sur la suite qu’en 1997, expliquant le manque de cohérence du scénario et les différences de graphisme. A partir du premier chapitre de La Walkyrie (qui correspond au Tome 3 de l’édition papier), le manga a également été prépublié sur Internet. Il s’agit du tout premier manga diffusé sur ce nouveau support, forçant Matsumoto à expérimenter de nouvelles techniques narratives, essuyant quelques plâtres au passage.

En définitive, L’Anneau des Nibelungen est une étrange œuvre/concept, qui ne laissera personne indifférent mais demande une forte dose d’indulgence pour être appréciée.

Cette présentation ne serait pas complète sans évoquer les OAV, sobrement intitulées Harlock Saga, qui adaptent la première partie du manga. Autant le manga garde un certain capital sympathie auprès des lecteurs (malgré la déception de beaucoup), autant ces 6 épisodes sortis en vidéo n’ont pas convaincu grand monde. Pourtant, le résultat n’est pas si mal, malgré un character-design assez vilain et des longueurs insupportables. Et la bande-son de Kaoru Wada est un régal pour les oreilles.

Au sujet de l’édition française : Il s’agit une fois de plus d’une publication de l’éditeur Kana, et les mêmes remarques que pour Capitaine Albator ou Galaxy Express 999 sont encore valables ici, notamment au sujet de la faible qualité du papier. On peut d’emblée déplorer la typographie médiévale utilisée pour le résumé de début de volume, anecdotique, qui ne fait que rendre la lecture moins agréable. La traduction et l’adaptation sont une fois de plus assurées par Uchû Senshi Edomondo. À noter la présence, en fin de volumes, d’excellents suppléments, comme des histoires courtes de Matsumoto dédiées à de grands chefs d’orchestre (L’Éternel Allegretto, Bruno Walter, Herbert von Karajan) ainsi que des textes de l’auteur au sujet de sa découverte de Wagner ou des contraintes techniques liées à la prépublication du manga sur Internet.

Pour aller plus loin : Liste des articles liés à L’Anneau des Nibelungen.

 

NIBELUNG NO YUBIWA © 2002 Leiji MATSUMOTO / Shinchosha Co.


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