Otoko Oidon

Posted By on August 2, 2014


© 1976 Leiji MATSUMOTO / Kodansha Ltd.

Titre : 男おいどん / Otoko Oidon

Date de parution : 1971 – 1973

Manga culte au Japon, Otoko Oidon (“Je suis un homme !”) raconte les (més)aventures de Nobotta Ôyama, un jeune homme originaire de l’île de Kyûshû, fraîchement débarqué à la grande ville. Vivant dans une chambre de bonne insalubre, il va devoir chercher concilier travail et cours du soir, tout en essayant de trouver l’amour. Évidemment, le manga étant une comédie, rien ne se passe comme il le souhaiterait, et Nobotta ira de déceptions en catastrophes pour le plus grand plaisir du lecteur. Ce manga vaudra à Matsumoto de recevoir le prestigieux Prix Kodansha de la meilleure œuvre jeunesse en 1972. S’il n’est pas autobiographique, il est évident que Matsumoto s’est inspiré de sa propre expérience de jeune provincial arrivant à Tôkyô pour écrire l’histoire de Nobotta. De nombreux japonais se sont de toute évidence reconnus dans le jeune homme fauché : ce sera le premier grand succès populaire du mangaka.

Plusieurs ingrédients récurrents du Leijiverse seront popularisés par Otoko Oidon : le héros binoclard aux jambes arquées nommé Ôyama (Leiji révèlera, dans le volume 21 de Galaxy Express 999, que Nobotta est en réalité un lointain ancêtre de Tochirô), les caleçons à rayures, l’oiseau improbable Tori-san… Un gag d’Otoko Oidon est également resté célèbre : en raison de l’insalubrité de ses conditions de vie, Nobotta est victime de mycoses génitales, symbolisées par des champignons poussant dans ses caleçons ! Une affliction dont Matsumoto lui-même a souffert, tout comme de nombreux japonais à l’époque, souvent sans oser en parler en raison de son caractère intime et “honteux”. En traitant ce sujet par l’humour, Matsumoto a contribué à briser ce tabou, encourageant les victimes à chercher le traitement nécessaire. Il est encore aujourd’hui très fier d’avoir pu rendre service à ses compagnons d’infortune !

Il est amusant de noter que par certains aspects, Otoko Oidon est une version édulcorée d’un autre manga de l’auteur commencé un an plus tôt dans une revue concurrente, Ganso Dai-Yojôhan Dai-Monogatari (“La grande saga ancestrale des 4 tatamis et demi”). Plus adulte et fripon, Dai-Yojôhan propose un point de départ similaire (un jeune homme, Adachi, découvre la vie en débarquant dans la capitale) et certains gags seront même recyclés entre les deux œuvres. Au point que Matsumoto s’emmêle parfois dans les noms des deux protagonistes, appelant Nobotta “Adachi” dans certaines cases d’Otoko Oidon !


© 1976 Leiji MATSUMOTO / Kodansha Ltd.


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